AXE 1 : Faire désordre

Organisation

Coordination :
2015-2019 : Aurélie Guillain, David Roche
2019-2020 : Aurélie Guillain, Nathalie Vincent-Arnaud

Représentants :
Zachary Baqué (titulaire)
Hélène Charlery (suppléante)
Annelie Fitzgerald (suppléante)
Emeline Jouve (titulaire)
Cristelle Maury (suppléante)
Blandine Pennec (titulaire)


Présentation 

L’axe 1 est un axe thématique et interdisciplinaire (cinéma, histoire, linguistique, littérature, arts du spectacle, musique). Nous y explorons les devenirs et la mise en crise des normes, qu'elles soient esthétiques, génériques, langagières ou sociales, dans le monde anglophone. Nous nous intéressons tout particulièrement aux figures de la transgression, de la subversion et de la résistance, aux expérimentations formelles et aux désordres catégoriels que l’expression de ces voix peut occasionner. Les questions éthiques et politiques liées à l’agentivité et à l’émancipation du sujet y sont donc capitales, dans la mesure où toute forme d’anomalie et de trouble (troubles sociaux comme troubles de l’identité personnelle) peut être investie d’un potentiel de création, d’invention et d’expérimentation. Les interrogations politiques et les questionnements esthétiques sont ici inséparables. Dans notre exploration des transgressions spectaculaires et de la performance comme mode d'affirmation du sujet, nous nous intéressons particulièrement aux arts de la scène et aux articulations entre musique et littérature.

Notre axe de recherche s'attache à approfondir trois grandes problématiques :

  1. Troubles dans les constructions identitaires : figures de la transgression et déstabilisation de l’identité (genrée, raciale, sexuelle). Les représentations de divers phénomènes d'usurpation dans le monde anglophone (racial passing, cross-dressing, escroquerie, usages de personae ou d'avatars, autorité narrative usurpée) font l'objet d'une attention particulière dans le cadre de nos travaux. Ceux-ci portent sur le domaine littéraire mais aussi le cinéma et les autres arts. Nous nous attachons à cerner ensemble les enjeux formels et les significations sociales et historiques de ces fictions où des sujets se définissent en outrepassant des frontières symboliques, en transgressant des normes implicites dont, par là-même, ils révèlent le fonctionnement.
  2. Tensions et classifications : mise à l’épreuve ou remise en question de pratiques et de discours normatifs. Pour éclairer la question de la manipulation dans le discours, les phénomènes de distorsion cognitive ou de duplicité énonciative sont étudiés ici d'un point de vue spécifiquement linguistique, sans exclure les collaborations interdisciplinaires (notamment sur le dialogue au théâtre, le roman ou la nouvelle). Sont également étudiées ici les questions linguistiques relatives à la classification, notamment les tensions qui révèlent ou mettent en question les systèmes de classification.
  3. Subversions et recréations : politique et esthétique de l’expérimentation et du détournement. Les phénomènes d'intermédialité (notamment musique-littérature-scène), ainsi que les tensions entre réalisme et innovation esthétique dans les écritures théâtrales contemporaines, sont ici des objets d'étude privilégiés. Dans le cinéma, les séries et les documentaires du monde anglophone, l'hybridité générique ou les incertitudes concernant le statut ou la légitimité d'un genre, constituent des sources d'interrogations politiques et de propositions esthétiques que nous souhaitons dégager dans nos travaux. Les thématiques de l'obscénité / de l'image ou du verbe à censurer, ainsi que leurs rôles dans les expériences du modernisme anglophone, font aussi partie de nos objets d'étude.

Liste des séminaires transversaux et de leurs responsables

CASLing (responsable : Henri Le Prieult, CAS)
Cinéma des marges et marges du cinéma anglophone (responsable 2015-2019 : David Roche, CAS / responsable 2019-20 : Zachary Baqué, CAS)
Jeudis du Genre (responsables : Hélène Charlery, Catherine Delyfer, Emeline Jouve, Cristelle Maury et Catherine Puzzo, CAS)
Œuvre de justice, œuvre(s) de fiction (responsables : Emeline Jouve, CAS et Lionel Miniato, Institut Universitaire de droit privé, Toulouse I)