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Unité de recherche « Centre for Anglophone Studies » (CAS, UR 801)
Fondé en 1990, le CAS est une équipe d’accueil dont les membres représentent les principaux domaines de l’anglistique (littérature, civilisation, linguistique, traductologie, cinéma, arts…). Les recherches des membres de l’équipe sont consacrées aux principales aires géographiques et culturelles du monde anglophone (Royaume-Uni et Irlande, Etats-Unis, Commonwealth). Elles sont désormais regroupées selon des programmes de recherche particuliers. Tout en continuant à organiser des manifestations scientifiques autour d’aires géographiques singulières, les membres du CAS privilégient la transversalité, les croisements disciplinaires et les approches comparatistes.
Aires et disciplines
La recherche en littérature britannique regroupe des spécialistes de l’ère Anglo-Normande, de la Renaissance, du Long XVIIIème siècle, du XIXème siècle et de l’ère contemporaine (XXème-XXIème siècles). Les chercheurs s’intéressent particulièrement aux domaines suivants : la poétique de la guerre et de l’apaisement dans le roman ou la poésie et au théâtre (Renaissance-XXIème siècle), l’écriture romanesque et la médecine (XVIIIème siècle), l’écriture du trauma et de la blessure (XXème siècle), la littérature de la mémoire et de l’oubli (Moyen-Âge-XXIème siècle), le cosmopolitisme au XIXème et au XXème siècles, l’étude du paysage et du motif de l’arrière-pays (XIXème-XXème) ; les personnages et les objets-frontières (Renaissance), les fictions diplomatiques et la diplomatie de l’écriture (Renaissance) ; les constructions littéraires de la démocratie (XX-XXIème), les conditions et les voix féminines (Renaissance-XXIème siècle), l’écriture du corps (XVIIIème siècle) ; l’épistolarité ; l’intermédialité (rapports texte/image, musique/littérature) ; les études fin de siècle ; le modernisme. La recherche en littérature britannique met aussi l’accent sur le dialogue avec les autres langues en favorisant les travaux sur la traduction des genres littéraires (en particulier le théâtre) et les approches comparatistes mettant en regard la littérature britannique et les littératures de pays non-anglophones.
Les travaux des chercheurs en civilisation britannique de l’équipe s’inscrivent dans les domaines suivants : histoire (politique, sociale, culturelle, diplomatique ; coloniale) sciences politiques (les politiques publiques en matière d’immigration, d’intégration d’asile ou encore d’éducation ; les institutions et leur évolution ; les processus de dévolution ; les modes de scrutin ; les partis politiques ; les syndicats : le rôle de la société civile ; les relations internationales et la diplomatie, formelle et informelle…) ; sociologie et anthropologie (la sociologie des religions ; l’étude des représentations raciales ; l’approche genrée des inégalités sociales…) ; géographie (les politiques de la ville ; le logement ; les phénomènes de ségrégation…), cultural studies (l’étude de la musique, classique ou populaire…). Tout en préservant une spécificité linguistique et culturelle anglophone, l’équipe a aussi recours au comparatisme (comparaisons internationales) et au dialogue avec les autres langues et cultures.
Les chercheurs en littérature américaine s’intéressent à la représentation de l’espace : la ville (les métropoles, les petites villes, les banlieues, la rue ; la marche ; les traces de la mémoire et de l’oubli ; les ruines et les villes en guerre ; les lieux communs) et la nature (les terres et les mers, les paysages, l’animal). Les recherches portent en outre sur les voix minoritaires (voix du Sud, écrivains juifs américains), et les identités troubles (usurpation, transgression, identités raciales ou genrées). Plusieurs membres consacrent des travaux aux objets du quotidien. Les recherches de l’équipe sont particulièrement ouvertes aux croisements avec les arts visuels (peinture, photographie, cinéma…). Elles sont aussi orientées vers les études théâtrales et incluent de nombreux travaux sur les pratiques intermédiales dans la littérature et les arts.
La civilisation américaine est représentée au sein de l’équipe par des domaines et spécialités divers mais complémentaires, tels que l'histoire, l'histoire culturelle, l'histoire politique, la science politique, la sociologie, le cinéma. Les principaux champs et thèmes de recherche actuels sont l'histoire et la mémoire de l'esclavage et de la ségrégation, le conservatisme politique contemporain, les mouvements migratoires et leur impact social et politique, l'activisme politique et le cinéma documentaire, les questions de genre et de « race », la représentation des femmes noires, le féminisme noir, la Renaissance de Harlem, les politiques sociales et la présidence Obama, l'histoire de l'immigration européenne et les politiques locales, l'histoire environnementale et l'histoire culturelle du bassin du Mississippi, les interculturalités. Plusieurs membres sont impliqués dans des réseaux et institutions fédérant des spécialistes de l'ensemble du continent américain et de la Caraïbe.
La recherche en études du Commonwealth regroupe des spécialistes de l’Afrique de l’Ouest et du Sud, de l’Australie, du Canada, des Caraïbes, de Chypre et de l’Inde. Les travaux de l’équipe sont menés selon une approche interdisciplinaire qui articule esthétique, éthique et politique : ils s’attachent à explorer la spoliation des peuples colonisés – et les processus de réappropriation d'une identité nationale et culturelle à partir de l’historicisation des traces mémorielles – ou la revendication d’une mémoire esthétique qui assume l’héritage de l’antiquité par l’investigation de la résurgence du passé dans l’extrême contemporanéité. Les recherches articulent aussi la relation entre textes de fiction et de non fiction et écologie, la littérature de la nature à travers notamment l’écocritique et la relation humain/non humain. Sont abordés la relation entre les peuples premiers et l’Europe à l’époque coloniale et après les indépendances, la notion de géographies critiques, le thème de la terre (territoire ou terre agricole, terre page d’histoire et terre porteuse de traces, terre politique), de la mémoire, ainsi que la dimension transatlantique de la littérature, le paysage dans sa dimension esthétique et politique et les particularités linguistiques de chacune des aires géographiques. Les thématiques sont étudiées à travers l’histoire, les cultures et les divers genres : poésie, théâtre, roman, nouvelles, littérature de voyage et d’exploration, discours politiques, lettres.
Les membres linguistes de l’équipe, afin de traduire la complexité ainsi que la plasticité de la langue, placent au cœur de leur travail la notion d’interface : ils tâchent de relier les plans syntaxique, énonciatif et pragmatique. La notion de tension est au centre de leurs préoccupations, qu’elle concerne les cadres théoriques, ou la langue proprement dite. Ils s’intéressent également à la déformabilité de la représentation portée par les marqueurs (rapport entre valeur fondamentale et effets de sens), mais aussi aux modalités d’insertion de ces marqueurs dans des constructions entières.
Les travaux des chercheurs en cinéma portent sur toutes les aires du domaine anglophone (États-Unis, Grande Bretagne, Canada, Australie), notamment contemporain. Ils abordent des formes, genres et pratiques variés (cinéma afro-américain, cinéma indépendant, cinéma grand public, documentaire, film d’auteur, film d’horreur, film noir, séries) à travers divers cadres théoriques (esthétique, film genre studies, gender, queer et race studies, théories de l'adaptation). Ils s’intéressent tout particulièrement au carrefour entre esthétique et politique (notamment identitaire).
Les études théâtrales privilégient une première approche interdisciplinaire centrée sur les croisements entre arts visuels et arts de la scène. L’objectif est d’engager un dialogue entre universitaires et artistes autour d’une conception du théâtre comme lieu privilégié d’une création hybride et plurielle. Une seconde approche s’intéresse au théâtre moderne et contemporain et s’attache à mettre au jour les évolutions récentes dans le domaine de la dramaturgie et de la performance afin d’en dégager les implications théoriques et politiques. Un intérêt tout particulier est accordé au théâtre post-Brechtien et aux développements de la scénographie dont les implications philosophiques (nouveau matérialisme) rejoignent les nouvelles perspectives critiques amorcées par le mouvement de « l’écocritique ». Un autre volet de cette approche explore le rapport scène publique/théâtrale à travers un théâtre envisagé comme un art de la révolte qui n’a de cesse de reconsidérer la place du spectateur.